Efficacité énergétique  et énergies renouvelables

 A l’occasion du World Forum de Lille 2013 et du premier anniversaire de la signature de la région Nord Pas de Calais  avec Jeremy Rifkin pour un plan stratégique de développement vers la Troisième  Révolution Industrielle, diverses conférences ont permis d’apprécier le potentiel de croissance disponible autour de la moindre utilisation de l’énergie.

Différents industriels ont montré comment ils avançaient :

  • En investissant dans les énergies renouvelables
  • En pariant sur la non utilisation d’énergie
  • En améliorant les solutions (efficacité énergétique)
  • En pilotant plus finement son utilisation.

 Un théoricien de cette économie absolue

C’est John Leitner  du bureau américain de l’efficacité énergétique (American Council for Energy efficiency)

Ses recherches lui permettent d’affirmer que les USA gaspillent 86% de l’énergie qu’ils consomment. Pour l’Europe et le japon se serait 80% . Avec une telle inefficacité il est impossible de vivre avec notre modèle actuel avec une énergie qui se renchérie.

Le gaspillage de l’énergie menace nos emplois futurs.

Si l’on considère que l’on doit améliorer 80% de la dépense énergétique cela représente 800 millions de barils économisés pour la région Nord Pas de Calais d’ici à 2050. Période de référence de ce plan stratégique.

Ce peut être d’autant plus important que la région destine 50% de sa consommation d’énergie à l’industrie contre 25% en moyenne nationale en raison de son fort caractère industriel.

L’objectif rappelons-le est d’économiser 50% d’énergie à l’horizon 2050 et 100 000 emplois créés.  (100 000 emploi à 40 ans = 2 500 emplois par an)

Ainsi présenté l’efficacité énergétique, l’économie d’énergie, la mise en place d’énergies renouvelables ne sont plus des contraintes mais des opportunités.

L’énergie renouvelable en industrie, le cas Roquette

Roquette 5° mondial pour les produits à base d’amidon est présent dans l’alimentation du bétail, l’alimentation humaine, le papier carton, la pharmacie et les plastiques végétaux. 21 usines dans le monde en Europe, aux USA, en Asie et en Inde.

Une part importante de ses processus consiste à séparer les constituants des matières premières agricoles. Il faut beaucoup d’énergie pour chauffer, mélanger et faire sécher.

Réduire la quantité d’énergie consommée est donc un facteur clé de succès.

L’entreprise a mis en place une chaudière à biomasse de 43MW qui consomme 150 000 tonnes de bois local et évite 76 000 tonnes de CO2 pour un investissement de 21 ME, soutenu par le fond chaleur de l’Ademe.

Cela représente 29 800 tonnes équivalent pétrole de chaleur produite et une  économie de 50% par rapport aux consommations de 2009.

http://www.ademe.fr/alsace/pdf/chaufferie_Biomasse.pdf

Sur le même site l’entreprise projette d’utiliser la chaleur tirée par une usine géothermique à 15 km de là.

L’usine est une association de Roquette avec Electricité de Strasbourg et la Caisse des Dépôts et consignations (CDC). La chaleur est puisée à 2500 mètres.

Cette usine sera une première mondiale pour une utilisation de la géothermie en industrie. Elle représentera 25% de ses besoins sur ce site.

Le projet est soutenu par l’Ademe et représente un investissement de 45ME.

http://www.industrie-techno.com/comment-l-usine-roquette-va-se-chauffer-a-la-geothermie.14001

En conclusion Jean Pierre Duda  http://www.worldforum-lille.org/fr/intervenants/speaker/14.html  responsable Innovation chez Roquette précise que dans le groupe les partenaires chinois sont beaucoup plus motivés que les américains. Signe des temps peut être.

Objectif Zéro énergie

Interface  l’inventeur de la moquette en carré qui peut se remplacer facilement (1976) est basé en Angleterre. L’entreprise réalise 1 mds de $ de CA avec 35% de part de marché.

Elle a mis en place un programme intitulé simplement « Zero energy ».

L’objectif est clair; réduire voir supprimer le recours aux énergies autres que renouvelables.

Si le projet doit être initié et piloté par la direction, c’est par contre du terrain que doivent venir les initiatives.

Les personnes doivent avoir la latitude d’implémenter leurs idées aussi doivent-ils faire des suggestions dans leur sphère de compétence et non pas pour leurs collègues.

Des 1998 l’entreprise a cherché à utiliser de l’énergie renouvelable.  L’entreprise annonce 100% de « green electricity » depuis 2007. Au premier janvier 2014 l’entreprise achètera du gaz à une usine de méthanisation à partir de déchets de poisson.

68% de l’énergie l’est avant le cycle de production de l’entreprise dans la production de la matière première. Aussi cherche-t-elle les matières premières les moins consommatrices de pétrole. 60% de ses moquettes sont à base de produits naturels.

L’avenir consiste à chercher de nouvelles matières premières parmi les déchets.

L’entreprise a des pistes avec les restes de pare brises, la récupération de déchets en nylon notamment avec les filets de pêche rejetés par la mer et qui traînent en quantité sur les plages aux philippines.

Ramon Arratia  Responsable Développement durable conclu par « Se challenger à 20% d’économie,  c’est serrer les boulons mais faire – 100% c’est tout remettre en question à tous les niveaux. Cette objectif jusqu’au-boutiste pousse au paradigme. »

Certes l’entreprise propose des produits haut de gamme, mais ce qui n’était il y a 10 ans que de la curiosité ou du story-telling devient prépondérant dans les immeubles de bureaux systématiquement labellisée BREEAM ou LEAD, les équivalents anglo-saxons de HQE. L’avantage marketing devient avantage concurrentiel et source d’emploi.

 Un habitat piloté

De son côté Siemens défend un habitat équipé qui saurait piloter ses économies. La gamme HoME représenterait à l’échelle de l’Europe 40% d’économie d’électricité.

L’entreprise a un démonstrateur, son siège social qui consomme aujourd’hui 70kwh/m²/an. Le plus compliqué est d’apprendre aux concernés à installer et vendre ses produits aux clients finaux. La simple modulation intensive qui consiste a effacer les pics de consommation ou l’électricité est chère nous permettrait d’économiser 10%.

Mais aujourd’hui les freins sont également juridiques.
On le voit pour l’autoconsommation de l’électricité produite par ses propres panneaux solaires qui ‘est pas simple a mettre en place et la loi Brottes retoqué par le conseil constitutionnel. Cette loi ouvrait la mise en place de tarifs variables suivant la quantité consommée. Les premiers kWh serait modéré mais au fur et à mesure le tarif augmenterait.

Idem pour l’eau les premiers m² seraient au tarif normal mais au-delà d’un seuil le client surpayerai l’eau car elle ne correspondrait plus à une utilisation raisonnée.

[NDLE : Avec le « retoquage » de la taxe carbone également, la suppression de l’article sur le fond travaux en copropriété, des institutions comme le conseil constitutionnel montrent que l’âge est un facteur déterminant dans la compréhension des nouveaux enjeux. Ces organismes censés nous protéger deviennent-il aujourd’hui un frein à l’adaptation de notre société aux nouveaux enjeux? ]

Selon Guy Dufraisse  président de Schneider « Le signal prix est fondamental, consommer au bon moment nécessite un tarif qui incite à ce comportement. La technologie est maintenant capable de gérer des signal prix très différents et très variables ».

Pour Bruno Lechevin administrateur de L’Ademe, c’est dès aujourd’hui qu’il faut envisager la ville de demain car la majeure partie des économies d’énergies sont dans la mobilité et l’habitat.

« Le facteur 4 est un chemin qui n’est pas absolu mais qui est réalisable ».

Avec ces différents exemples, nous avons des preuves comme quoi cette recherche d’efficacité ou d’économie permet de traverser les temps difficiles. Si pour l’instant il apparait difficile de prouver clairement que ce devrait être un objectif majeur c’est déjà un commencement de preuve.

Reste de l’autre coté à réduire le coût du travail qui est aujourd’hui chargé d’éléments en sa défaveur en comparaison des énergies non renouvelables.

 

 

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