« Vivre en ville en 2050″un débat conférence du salon planète mode d’emploi le 25 septembre 2009

Denis Baupin : Adjoint au maire Paris, ingénieur de formation. Il est aujourd’hui responsable du plan climat et a quitté ses fonctions de responsable des déplacements dans Paris (ou le titre ad hoc).

Sylvain  Allemand : Journaliste spécialisé, animateur

Marie Hélène Contal : Directrice adjointe de l’institut français d’architecture en charge de l’expo « Quelles architecture pour une ville durable ».

Frédéric Hug : Directeur innovation chez Gdf Suez dans la branche énergétique.


La vision de D.B. sur la ville de demain :
Il commence par rappeler la vision de la soucoupe volante des années 70.
Finalement la surprise est plus l’internet et les nouveaux moyens de communication que les soucoupes volantes.

Néanmoins elles avaient quelques choses en commun entre elles et avec aujourd’hui : il y avait toujours autant d’énergie.
Aujourd’hui les choses ont changées. On sait que les questions sont autour des limites de la planète en termes de ressources alimentaire ou énergétique.
L’empreinte écologique est la mesure de notre consommation d’énergie : 3 planètes pour que chacun puisse vivre comme un européen et 5 pour un américain.

Il nous faut donc rechercher une modification de nos comportements pour redescendre à 1.

L’ensemble des habitants de la planète a une empreinte de 1,3 : c’est-à-dire que le système n’est pas soutenable dans sa globalité.

D.B. a ensuite rappelé les différentes actions menées dont notamment le tramway et Velib : plus économique, plus écologique, plus juste socialement envers les gens qui n’ont pas de voiture.

Je cite « Je suis conscient du paradoxe entre mon propre comportement et ce qu’il faudrait faire ». On est quand même content de l’apprendre…

En 2050 la ville devra être adaptée à un climat différent, être capable de supporter des tempêtes.
Elle devra utiliser le solaire, la géothermie.

Il faudra faire en sorte que l’on consomme des légumes de saison -> nécessité de terres agricoles proches.


Comment fait-on travailler les acteurs pour une vision nouvelle de la ville?

Pour D.B. c’est la partie noble du rôle des politiques de mener ce changement et de faire valoir l’intérêt du citoyen en laissant une société vivable.

M.H.C.
Habiter écologique : qu’est ce que c’est ?
Ce n’est pas seulement ce qu’on va construire de nouveau
En effet la construction c’est 2% du patrimoine bâti.
On agit peu par la construction neuve.
La ville de 2050 sera proche de celle d’aujourd’hui. Les objectifs d’économies se feront par de la rénovation, des modifications sur des œuvres existantes.

La facture énergétique des logements ne cesse d’augmenter. 50% de l’énergie fossile passe dans les bâtiments que ce soit pour la construction et l’entretien.

Les matériaux changent, les professionnels actuels ont appris leur métier sur la base du béton.
On revient aujourd’hui au bois à la construction métallique et ce sont des choses qui ne sont ou n’étaient plus vues dans les écoles d’architecture.
On est dans une phase d’invention technique et les compétences manquent.

Beaucoup d’enseignants allemand autrichiens ou finlandais viennent dans les écoles françaises pour enseigner. Ces pays ont 20 ans d’avance sur nous.

Un autre point important sur lequel elle a insistée est l’importance de la pression démographique et de l’importance des pays du Sud.

La pression démographique va augmenter jusqu’en 2050. Et les enjeux se passent au sud.

Les villes européennes ne vont pas beaucoup changer, c’est dans le sud que nous voyons les mégalopoles se former. Ce sont des villes de 15 à 20 millions d’habitants.

C’est peut être dans les Pays du Sud que vont s’inventer les solutions de la ville du futur.
Ils ont une forte pression, et une faible base bâtie, des contraintes moindres. Cela les rend plus libres, plus imaginatif et créatifs.
Ce sera une des innovations du siècle que nous européens nous allions chercher au Sud les solutions d’avenir.

Exemple : Remplacement de favela au Chili : La ville construit les murs, les salles de bains et les cuisines et livre les maisons à moitié finies aux habitants qui vont terminer la construction.
Cela donne des idées aux villes européennes qui manquent elles aussi de moyens.


F.H.
En 2050 tout le monde vivra en ville.
La grande majorité de la consommation d’énergie est en ville que ce soit les bâtiments ou les déplacements.
La mobilité et l’éclairage structurent la ville.

L’énergie sera un facteur encore plus structurant dans la ville de demain.
L’objectif est le facteur 4 et le 3 x 20 du paquet climat.

Le bâtiment à 0 de consommation (bâtiment actif) ca marche mais il doit être intégré dans un réseau. Puisqu’il doit  pouvoir reverser son énergie dans le réseau.

Le réseau de communication prend donc une place très importante. L’immeuble de demain n’est donc un retour en arrière car il fera énormément appel aux technologies de la  communication.

On aura une contrainte d’efficacité énergétique extrêmement forte


Question : Quelles seront les transformations que Suez Gdf devra apporter demain.
GDF a déjà largement changé et est devenu une société de personnes : 80 000 personnes 14 milliards d’euros de CA.

Le groupe est fournisseur de systèmes de transports complets qui intègrent une réduction de consommation des énergies.

Suez vend de l’efficacité énergétiques au regard des enjeux et des contraintes actuelles.

Question dans la salle sur la part des énergies renouvelables dans les investissements de recherche chez Suez Gdf :réponse Objectif de 19% à 2015.

Pour l’europe l’objectif est de 20 % d’énergies renouvelables dans l’énergie totale. 84% resteront des énergies classiques.

En Chine ont cherche beaucoup sur l’éolien et le solaire alors que la France s’endort sur ses résultats grâce au nucléaire.
On perd du temps sur la réalisation de cet objectif.

Sommes nous en droit de consommer tout le pétrole sans en laissant aux générations futures ?


La notion d’éco quartier est une bonne échelle de projet pour permettre la concertation entre techniques, administration, associations locales.

Ex construire des quartiers autour d’usine solaires :

Elles deviennent des éléments de structuration de la ville.


Économiede carbone neutre : Est-ce une obligation ?

Selon D.B. la vie génère du carbone.

On est en phase d’expérimentation et la difficulté est de passer d’une phase de test à une phase industrielle.

Les premières maisons passives arrivent en France.

D.B.
L’avenir n’est pas dans des grandes tours parce qu’elles sont trop énergivores.
Le plan climat de paris limite les tours à 50M.
La bonne échelle est plutôt la ville haussmannienne.

M.H.C.
Il ya beaucoup de recherche sur les tours verticales.
Dans les grandes métropoles type asiatique, les problèmes  ne sont pas les mêmes qu’en France.
Il y a un architecte à la pointe et il est coréen. Ce qui montre que l’occident  perd son leadership technologique.

Les pays du sud ont peut être une revanche à prendre avec leur savoir faire qu’ils acquièrent au contact des problèmes urgents qui sont  les leurs.


Vivre mieux ne veut pas dire consommer plus.

La croissance urbaine : on critique l’étalement urbain car plus on est loin plus on est loin des services, des loisirs, des musées, des écoles, des hôpitaux.

Une des villes qui a un des meilleurs bilans énergétiques est new-York en raison de sa compacité et pourtant elle donne l’image d’une ville peu économe en énergie.