A travers 3 exemples de rénovation urbaines, les éco-quartiers montrent à la fois la pertinence de renouveler le mode d’aménagement du territoire et la difficulté de mettre en œuvre un nouveau modèle.

Eco-quartier à Nancy

L’éco-quartier de Nancy résulte du besoin de rénover une zone HLM, « le plateau de Haye », apparue à la fin de la guerre, qui n’avait cessé de grandir et qui arrive au bout du concept. Les habitations se sont dégradées et les commerces sont partis.

12 000 personnes y vivent dans 7 400 logements dont un tiers en HLM.

Le quartier chevauche 4 communes en bordure de Nancy et recouvre 7 sites différents. Ce projet est à la croisée des différentes politiques publiques :

  • Le Scot Sud 54
  • Le Projet métropolitain
  • La Trame verte
  • Le Plan climat énergie
  • Les Schémas directeurs locaux
  • Les ZAC
  • Les PLU

Il faut donc du temps pour mettre sur pied un projet qui satisfasse à toutes ces couches administratives.

Le projet s’étale sur 10 ans et une convention ANRU a été signée avec l’état (Agence Nationale de Rénovation Urbaine).

L’objectif du projet est de  :

  • Désenclaver le quartier
  • Améliorer la mixité sociale
  • Remettre sur pied une activité économique

Il y a une volonté d’avoir des bâtiments performants. Ils tendent vers le BBC.
La recherche d’une mixité résidentielle et fonctionnelle avec l’installation de commerce et d’activité.

Les déplacements ont été étudiés pour permettre des déplacements plus doux, un partage de l’espace. Les transports en communs ont des voies en site propre.

Au fil de la livraison des nouveaux habitats, la question d’une prise en main, d’une appropriation par les nouveaux habitants s’est posé et une structure a été mise en place.

Cela passait également par l’ouverture d’un jardin ouvrier.

Il y avait aussi un challenge à faire venir des constructeurs privés pour réaliser des opérations de promotions immobilières.

Cette rapide description montre que notre cadre administratif est actuellement incontournable. Il s’est construit dans le temps avec un objectif de protection et de qualité. Mais qu’en sera t il pour le futur ?

 « HQE aménagement » tente une méthodologie d’aménagement.

Pour le futur, de nouvelles manières de penser arrivent et modifient la manière de concevoir la ville de demain.

« HQE aménagement, C’est système de management qui aide à se poser les bonnes questions au bon moment » explique Dominique Riquet Sauvage qui participe au groupe de travail de l’association HQE.

Mais la conclusion principale c’est qu’il faut absolument un dialogue souple entre l’aménageur et la collectivité. De plus un éco-quartier ne sera atteignable que si les POS ou PLU ne sont pas trop contraignants.

Dans la cadre de la démarche HQE aménagement on définit des étapes somme toutes assez classiques qui permettent au parties prenantes de bien évaluer le projet.

  • Analyse initiale de site
  • Analyse territoriale
  • Analyse environnementale et technique
  • Analyse socio-économique
  • Conception du projet
    • Choix et contractualisation d’objectif
    • Première orientations d’aménagement
    • Estimation de la faisabilité économique.
  • Mise en œuvre
  • Bilan capitalisation

LE CSTB a été retenu comme organisme certificateur du label HQE aménagement. Il est notamment chargé de réaliser 3 audits lors de la phase initiale pour respecter le cadre de la réflexion.

Concevoir l’éco quartier comme un rêve avec X TU Research

A l’opposé il y a des réflexions électrons libres comme X TU Research qui travaille sur le concept de ville productive. La ville doit produire de l’énergie.

Le concept est basé sur une micro algue qui par photosynthèse produit de l’énergie.L’immeuble est recouvert de parois intégrant cette algue et par photosynthèse absorbe le CO2 présent dans l’air.

XTU a conçu d’autre projets très en amont dans la réflexion avec des insectes photosynthétisant la lumière, la récupération des chaleurs des eaux usées ou la récupération des des boues des eaux usées pour faire de la méthanisation et produire du gaz utilisable directement par les bâtiments.

D’autres études sont en cours pour travailler sur l’échange de chaleur entre les habitations et les bureaux.

Néanmoins XTU n’isole pas sa réflexion sur le monde végétale des questions sociales ou économiques mais propose un cadre différent ou les relations entre les hommes et le bâtiment, entre les bâtiments eux même, et entre l’habitat et les bureaux permettent de moins consommer d’énergie, de mieux la recycler voire d’en produire.

« Il faut avoir des solutions transitoires et des espaces mutables » défini Anouk Legendre cofondatrice du cabinet X-TU qui rajoute, « Demain nous manquerons de tout, d’énergie d’eau et de matériaux. Et déjà dans certaines villes asiatiques la place fait cruellement défaut »

La France représente une grande diversité de cadre de vie et de culture.

Il est difficile de concevoir un nouveau quartier identique pour l’Alsace avec sa mentalité toute germanique et un climat exigeant et pour un bord de mer en Languedoc ou la mentalité méditerranéenne et le climat conduisent à un autre mode de vie.

Source : innovative building le 5 avril Ecoquartiers : porte d’entrée vers un nouvel urbanisme.

A la suite de cette conférence une autre sur la ville collaborative en suivant ce lien : Demain pourrait être plus créatif si on oubliait le millefeuille du droit administratif.

 

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