« Le développement durable et la sortie de crise » une conférence du salon planète mode d’emploi 2009.

Bernard Spitz : Auteur du PapyKrach, président des sociétés françaises des sociétés d’assurance.

François Roche :

Daniel Cohen : Économiste, vient d’écrire « la prospérité du vice ».

Introduction de FR :
On parle de sortie de crise mais surtout de crise financière.
Quel est le rapport entre Développement durable et sortie de crise ?

DC :
Se demande s’y il n’aurait pas un lien entre l’entrée de crise et le développement durable.
La mondialisation a des effets de sens contraire très difficiles à cerner :
1 baisse des produits industriels
Les nouveaux pays contribuent à la déflation des produits en contribuant à la désindustrialisation des pays industriels.
2 une hausse des matières premières.
Conséquences logique de l’enrichissement des produits asiatiques.

Le jeu devient un jeu à somme nulle.

Le résultat de ce cycle économique est  que les PVD sortent de terre des MP et les investissent dans de la finance.
Nous avons donc un double mouvement : Déflation industriel et financiarisation du monde.

Selon lui c’est la hausse du prix des matières premières qui a conduit à la crise de 2006 2008.

Historiquement à chaque fois qu’une civilisation croît, au bout d’un certains temps (1  à 3 siècles)  la population fini par devenir trop nombreuse pour être nourrie et le revenu par habitant décroît.
Une société est forte quand  la densité de population est forte.

La croissance économique moderne permet au revenu par tête de croitre plus vite que le nombre de têtes jusqu’a réduction du nombre de têtes.
Or la croissance du revenu par tête, ne s’accompagne pas d’une croissance du bonheur par tête.
Les 2 tendances ne sont pas parallèles

A la loi de Malthus s’oppose une nouvelle loi, celle d’Easterlin qui explique que le bonheur n’est pas proportionnel à ce que l’on gagne mais à la progression de notre revenu. Sinon nous avons l’impression de faire du surplace.
Les gens sont heureux à proportion du taux de croissance.
La France est 3 fois plus riche que dans les années 50 60 mais les gens se sentent malheureux et inquiets de l’avenir.
C’est le rythme de progression qui donnait l’illusion du bonheur et la stagnation génère de l’anxiété.

Il faut repasser de l’illusion d’un monde infini à un monde clos.

Voici une interview sur le site de la Tribune qui décrit très bien l’idée générale de D.C.

B.S :
On part d’un évènement conjoncturel, la crise financière mais le développement durable est au contraire une notion longue terme.

L’idée du bonheur national date de mai 1968 et le club de Rome a commencé cette réflexion.

En 68 : 30 années de croissance  mais arrêt net de la période de croissance quelques temps plus tard en  1973. C’est le début de l’inflation et du chômage. En 1974 René Dumont est le premier candidat écologique.

On a aujourd’hui une prise de conscience mais l’écologie se voyait plutôt comme un frein alors qu’on  y voit une porte de sortie.
Au contraire on dit qu’il faut que la priorité au développement durable et à l’environnement soit remise en place.

Le développement durable ne passe plus en arrière plan.

Les pays ne veulent pas une double peine ou ils soutiennent d’un coté leur économie et impose des contraintes environnementales et de l’autre des pays ne tenant pas compte du développement durable continuent d’envahir nos pays de produits.

Petit détour par le métier de l’assurance:
Les sociétés d’assurances gèrent le risque sur le long terme.
Elles ont un intérêt dans le développement durable parce que certains comportements développement durable réduisent le risque  des activités.
Les assureurs supportent le poids de catastrophes naturelles ils sont donc les plus concernés par les impacts du changement climatique.

Ce sont les assureurs et les réa assureurs qui ont investit considérablement et qui contribué la propagation de ces thèmes.

Comment réconcilier le développement durable avec le quotidien des affaires ?

D.C.:
La convergence (des pays du Sud vers notre mode de vie) n’est pas compatible avec les moyens de la planète.
La grande inquiétude est que l’on n’est pas sur qu’il y ait prise de conscience avant 2050.

Il y a une aspiration identique pour tout le globe, l’ensemble de la planète vers une évolution vers un même monde, ce qui est inédit. En effet avant quand une civilisation disparaissait une autre  apparaissait.

On n’a pas réagi à cette crise comme dans les années 30 ou chaque pays avait réagi dans son coin. L’équilibre coopératif a été brisé. On à créé le G20 et la réponse a été plutôt dans la coopération que dans l’isolation. On peut se réjouir de ce que le G20 est été l’organisme central dans la réponse internationale à la crise. Le G20 est une représentation des états qui a plus de sens que le G7 ou le G8.

BS : Sa réponse a comment réconcilier les 2 :

2 façons :
Le marché : certaines entreprises refusent de travailler avec d’autres si celles-ci ne prennent pas en compte le développement durable.
Etre déréférencé par de grands clients peut entrainer une baisse du cours de bourse.
On va parler de contamination positive qui petit à petit diffuse dans le monde économique.

2° niveau : les états qui vont imposer un certains nombre de dispositions : incitations fiscales telles que les bonus malus, l’encouragement fiscal pour les chaudières etc.

Ex : Mattel qui a été sanctionné par la bourse pour sa méthode de production en Chine qui impliquait des enfants.

D’un coté les entreprises sortent de la crise mais les états vont assumer une charge financière.

DC : les états ont pris les fardeaux financiers des entreprises américaines.
Est-ce que c’était une bonne chose que les états le prennent à leur compte ?
A priori oui car il n’y avait pas d’autres issues.
Ex. dans les années 30 : pas de soutien à la banque et monde a mise longtemps à s’en remettre.
Par contre une des meilleures gestion de la crise à cette époque a été l’Allemagne en 1929 le chancelier a maintenu son budget l’équilibre. Les sommes qui avaient été investis pour sauver les banques avaient  été sorties de la dette nationale pour ne pas déstabiliser la situation de l’état. La suite de  l’histoire montre que cela a été plutôt efficace pour la puissance économique allemande.

Aujourd’hui en sauvant les têtes des financiers on risque de voir que nous n’avons pas pris de leçon.
Mais ne pas les soutenir aurait été pire.

20 milliards de dollar = bonus Goldman Sachs cela  représente moins que l’aide internationale à la faim dans le monde.
Par contre il convient d’intervenir pour empêcher des comportements à risque excessif qui risque ou qui ont commencé à se reproduire.

3° : qui va payer : le contribuable : les états nous enverront la facture. La croissance actuelle est portée par le déficit USA de 13%.
Il ne faut pas régler la question trop tôt car en relevant les impôts trop tot cela peut plomber la reprise.

BS : le CAC 40 n’est pas indicateur de la reprise.

Comment aller vers la décroissance supportable ?

BS : même un recul de 2% de la croissance ne nous ramènerait pas au moyen âge.

Il va néanmoins y avoir des gens qui vont  se retrouver dans une situation fragile.

Il ya aussi un effet psychologique : les perspectives ne sont pas les mêmes et ne seront plus les mêmes.

Il y aura des gens très protégés qui seront d’ardents défenseurs du statu quo et des gens très exposés de pleins fouets mais qui ne serons pas dans la situation de changer les choses (qui n’en n’auront les moyens relationnels ou politiques.)

DC :
Notre notion de bonheur est en fonction du bonheur programmé. (cf. plus haut et l’interview de la tribune). Or c’est justement ce changement majeur que la perspective ne nous apportera plus cette progression qui sera le point dur.

B.S.
Certains secteurs vont devoir décroitre et d’autre croitre.
L’idée est de faire le chemin inverse du 17° en allant d’un monde infini vers un monde fini.

D.C.
Pour lui le cyber monde donne une nouvelle infinité. La marche vers l’infini continue de cette manière. Il pense que les jeunes gèrent assez bien cette contradiction de restrictions matérielle qui s’annonce et d’un nouvel espace virtuel illimité.

Il  n’y aura pas d’encombrement si on est plusieurs milliards sur l’internet.

Il faut vivre avec des contraintes matérielles et dans un monde immatériel ou la notion de service gratuit est très forte.

Il se demande si on n’aurait trouvé le moyen de vivre dans le cybermonde dont la croissance est potentiellement infinie et en même temps dans un monde fini qui doit redevenir frugale pour continuer d’exister.

Question dans la salle sur la spéculation sur le marché du blé.

DC :
Il acquiesce sur le fait que les spéculations sur le marché des matières premières sont effectivement une aberration et que la régulation doit intervenir.

Relocaliser est ce une solution ?

BS :
Selon lui les pays du sud ont aussi droit à un développement. Notre discours sur ce sujet n’est pas du tout audible pour les autres pays. C’est juste une possibilité en interne

 

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