3 jours de rencontres d’entrepreneurs sociaux portés par l’inauguration du charismatique et enthousiaste Jeremy Rifkin.
3 Jours de présentation d’entreprises et d’entrepreneurs qui ont décidés que leur société devait pleinement jouer son rôle social au lieu de le subir, de l’éviter ou pire de jouer contre ses équipes.

Des dizaines de présentations d’entreprises françaises et étrangères qui ont mis en place des actions vis-à-vis de leurs salariés, de leurs clients de leur entourage social.

Les exemples sont variés.
Etisalat, opérateur Telecom des émirats arabes unis, a mis en place une offre baby phone à l’attention des femmes enceintes avec un ensemble de services pour accompagner jusqu’à l’accouchement les femmes du Moyen Orient qui ne disposent de toutes l’infrastructure médicale occidentale. Cette offre met en contact avec des médecins, des sages-femmes.
En Tanzanie ce système à permit une baisse significative du taux de mortalité à la naissance.

Denis Terrien directeur général de 3 suisses International et président du réseau « Entreprises et Progrès » le réseau à l’origine duquel Danone et l’Oréal à l’époque présidé par les charismatiques Antoine Riboud et François Dalle mirent en place la participation salarié avant que cela ne soit transformé en loi.
Ce réseau développe maintenant une notion complémentaire à la valeur financière (celle du marché) à la valeur RSE (telle qu’estimée notamment par Vigeo) : la valeur entrepreneuriale : une notion qui valorise l’expérience du chef d’entreprise, son avoir faire mais également celui de ses équipes. Une valeur qui n’est pas toujours prise en compte par le marché.

de gauche à droite, Ahmed Bin Ali de Etisalat, Denis Terrien de 3 Suisses Intl et David Dal Maso de Avanti, modérateur

Dans un fourmillement de projets et d’initiatives réussies on comprend la volonté du forum de montrer qu’”un autre monde est possible”; que la finance ne dicte pas la vie de toutes les entreprises que des grandes entreprises même côtés peuvent consacrer de l’énergie à faire décoller des projets à valeur ajoutée humaine ou d’intégration mais surtout que cela n’élimine pas la rentabilité et y rajoute parfois un élément de stabilité.

Par exemple Gerdau, ce groupe métallurgique brésilien, de 45000 personnes utilise plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’acier recyclé chaque année (18 000 t en 2011)
Or au Brésil il existe des milliers de pauvres qui survivent en ramassant les déchets métalliques. Bien souvent il le revendent à de petits intermédiaires qui se contentent à leur tour de le revendre à d’autre intermédiaires parfois ainsi avec 4 intermédiaires avant que la matière n’arrive chez le sidérurgiste. En travaillant avec une ONG Allienca Emprendedora spécialisées dans l’accompagnement des ONG plus petites, L’entreprise a mis en place un programme de 3 ans pour construire un réseau de ramasseurs de déchets métalliques qui ne passeront plus par les intermédiaires et recevront une meilleure rémunération.

Le volume de d’acier revendu à Gerdau a doublé depuis la mise en place du système et les ramasseurs gagnent 20% de plus.
Les ramasseurs ont gagnés un statut légal, sur le plan humain les individus gagnent en fierté et gagnent leur place dans la société.
Ce projet a quand même été porté par une loi qui oblige les entreprises à recycler leurs déchets et à le prouver d’où simultanément la mise en place d’une professionnalisation nécessaire de la filière.

De gauche à droite, Thomas Sorrentino de Ashoka, modérateur, Alexandra Meira de Alliança Empreendadora ONG, Paulo Boneff de Gerdau, et Yukoh Sataké de Grameen Yukigumi Maitaké.

Les marchés BoP désignent les marchés Base Of Pyramid qui s’adressent aux plus pauvres qui n’ont pas rejoint le monde fantastique du marché capitaliste.
Yukoh Sataké a lui monté une entreprise pour fournir des haricots de soja aux japonais avec des paysans du Bengladesh.
Avec l’aide de Mohamed Yunnus, Prix Nobel de la paix 2006 pour son action bancaire au travers du micro crédit, il a mis sur pied une collaboration tripartite entre la banque, une multinationale japonaise et une entité représentant les paysans du Bengladesh la Grameen Yukigumi Maitaké.
Ce fut un long combat de convaincre les premiers paysans à se convertir à cette culture nouvelle pour eux. Après quelques hectares la première année puis quelques dizaines la seconde et quelques centaines la troisième année. L’entrepreneur international espère bien convertir plusieurs milliers d’hectare à la culture du haricot de soja cette année. Mais maintenant ce sont les premiers paysans qui font la promotion du système.

Il s’agit d’un système gagnant-gagnant; Les paysans améliorent leur niveau de vie et les japonais achètent leur céréale moins cher que sur le marché chinois fournisseur habituel et quasi exclusif du japon.

Les actions de ce type nécessitent de la patience notamment du côté de l’entreprise car les interlocuteurs sont souvent des individus peu au fait des exigences des entreprises modernes.
D’ailleurs un chef de projet bien identifié devra assurer la bonne marche du projet. Ce projet devra être intégré à l’entreprise comme une affaire normale au risque d’être satellisé puis mis de côté.

Le micro crédit reste une solution clé pour permettre à ces petits entrepreneurs des marchés BoP de se lancer.
Le financement global du développement des pays africains peut facilement se mettre en place par exemple sous la forme de royalties demandées aux entreprises occidentales qui interviennent dans ces pays. Ces royalties permettront ensuite la mise en place de fonds pour le développement de l’activité.

Tels sont quelques enseignements que nous avons pu retenir à Lille pendant ces jours-là.

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