Très intéressante présentation réalisée à l’occasion du salon Innovative Building sur la rénovation dans Paris Intra-muros.

Cette OPAH (Opération programmé d’Amélioration de l’Habitat) du quartier République recouvre 586 parcelles d’habitat privé en immeubles anciens. Elle s’intitule 2D2E pour « développement durable et économies d’énergie » et dispose de son propre site internet http://www.paris2d2e.fr/

Dès le départ cette opération s’annonçait  exemplaire menant à l’affrontement les irréductibles du village gaulois que sont les conservateurs Architectes des Bâtiments de France défenseurs d’un patrimoine historique et les progressistes d’extrême gauche prêt à recouvrir de cellule photovoltaïques les toits de la capitale et polystyrèn-iser les façades haussmanniennes de notre  belle – certes noyée dans les microparticules – mais belle quand même – capitale.

Ce quartier est incroyablement historique puisque l’on retrouve des plans représentant des constructions encore en place et datant de 1728 !

Le groupe rassemble Pouget consultant BET reconnu, Equateur SAS architecte, « Multiple » agence d’architecture du patrimoine et le PACT opérateur en charge d’animer l’opération et notamment de la communication vers les habitants du quartier.

Pour les non parisiens ce quartier a fait l’objet d’un renouvellement notamment avec la réfection de la place de la république qui était un énorme carrefour à 6 ou 7 voies avec en son centre quelques arbre et des statues noircies par les émanations gazeuses.  C’est maintenant une esplanade géante. Les automobilistes ont fait les frais de ce changement comme il est dans l’air du temps actuel.

Cette rénovation dispose également de son propre site internet.http://www.placedelarepublique.paris.fr/

 

 

Le PACT a mis en place des ateliers thématiques tous les mardis et tenue des permanences sur des sujets techniques comment isoler » ou environnementale « circulation à vélo », composteur » etc

Le projet a également rédigé deux guides fort bien fait que je vous recommande ils ici

28 copropriétés se sont engagées suite à l’appel à candidature. Les copropriétés gagnantes bénéficient de l’audit énergétique gratuitement. Un second appel à projet aura lieu en juin.L’audit est participatif et les habitants sont invités à mettre la main à la pâte afin de gagner la mobilisation de tout l’immeuble. L’enquête d’usage notamment est faite pour recenser les attentes des occupants.

Une fois le projet défini les copropriétés sont amenées à choisir un maître d’œuvre pour définir l‘apd (avant projet détaillé) et le maître d’œuvre

Les premiers enseignements tirés

Répartitions des déperditions énergétiques en immeuble parisiens

30 immeubles analysés de 5 à 65 logements une moyenne de 20 logements par immeuble. Il y a parfois une part importante de locaux d’activité, jusqu’à 40% et d’autres choses spécifiques comme des locations touristiques. Le bilan se veut « didactique » avec notamment une synthèse avec des smileys « émoticônes ».

Répartitions des déperditions :

Intéressant de connaître les moyennes des déperditions sur ces immeubles de villes car c’est souvent une des premières questions que l’on se pose. Ce qui permet de répondre à l’objection fréquente : Non le changement des fenêtres n’est pas une solution à l’isolation du bâtiment.

Répartitions des déperditions énergétique dans des immeubles de ville
Répartitions des déperditions énergétique dans des immeubles de ville

 

L’isolation par l’extérieur impossible dans Paris ?

Le deuxième enseignement concerne le problème de l’ITE (Isolation par l’extérieur)

Depuis longtemps on entendait dire qu’isoler dans paris serait impossible car on ne peut isoler par l’extérieur des faces haussmanniennes.

Or l’étude approfondie apporte un éclairage nouveau à ce problème :

  • Les surfaces sur rue ne représentent que 20% des surfaces totales. Et dans le 75011° ces façades sur rue sont parfois retouché dans les 100 dernières années et l’on a fait des travaux pire que l’origine notamment en enlevant des éléments en pierre et en remettant des enduits points performants que les faces originales.(c’est surtout le fait de travaux des années 1900 environs).
  • Les façades sur cours représentent 40% des surfaces elles sont souvent retouchées et très abîmées. Leur isolation par l’extérieur ne va donc pas poser de problème.
  • Les murs mitoyens à nus représentent 40% ils sont souvent en état moyen et ils recèlent un gros potentiel d’amélioration. Reste qu’en dehors du cas de Paris il est souvent difficile d’isoler les murs mitoyens qui nécessite un passage devant notaire pour formaliser l’empiétement pour l’isolant.
Exemple de mur mitoyen nu : le plus souvent il faudra un passage devant notaire pour formaliser l’empiètement d’une isolation par l’extérieur. cela nécessitera le passage d’un vote dans les 2 AG des copropriétés concernées

Conclusion dans ce quartier les façades haussmanniennes ne représentent qu’une très faible partie des murs extérieurs. L’ITE reste une solution. La rue est très peu représentative de la réalité de ces bâtiments-là.

Gros potentiel d’amélioration

Résultat des courses la consommation initiale entre 300 et 600 kWh/m² selon que l’on soit au gaz ou à l’électricité pour faire simple.

On est capable de diviser par 2 ou 3 pour arriver entre 93 et 316 c’est-à-dire E comme étiquette sans changement de chauffage

En envisageant le changement de système de chauffe la perspective devient 60 -70 à 200KwH/m².

Surélévation

Une étude a été également menée sur les possibilités de surélévation.  Il apparaît que de nombreux immeubles parisiens ont été en fait surélevés une ou plusieurs fois au cours de leur histoire.

40% des parcelles sont densifiables d’un logement ce qui représente 5% d’augmentation de surface.

Conclusion de l’étude

La ville ancienne est probablement une ville durable et l’on saura la rendre économe.

Les solutions techniques existent et les contraintes historiques, architecturales ne seront pas insurmontables.

 

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