Aujourd’hui nous rencontrons Pierre Levy.  Pierre Levy est architecte mais il a très tôt senti un intérêt à ne pas se cantonner dans son seul rôle d’architecte et a fondé ACR société de contractant général qui est capable de prendre en charge les différentes opérations de construction et de les contrôler.

L’objectif étant de fournir des travaux clés en mains pour des propriétaires ou des bailleurs privés ou sociaux.

ACR Etudes thermique & Audits énergétiques
ACR Etudes thermique & Audits énergétiques

Historiquement c’est le cabinet d’architecture qui a été fondé en premier, puis le premier thermicien a été  embauché il ya 5 ans pour rejoindre la structure de contractant général. Maintenant il y a un vrai pôle thermique avec 3 ingénieurs.

DETRY LEVY Architectes "durables" à Lyon

Cet article fait partie d’une série consacrée aux prestataires de la rénovation écologique voir la note en fin d’article.

Le cabinet réalise donc des études thermiques ou énergétiques. Assure la maitrise d’œuvre pour les fluides, l’électricité et le sanitaire et travaille sur l’économie de la construction. Il est aussi capable d’appréhender le coût global exploitation et travaux.

C’est un facteur important pour les copropriétés car le tandem architecte contractant général est capable de prouver que ses recommandations sont le fruit de leurs expériences.

Depuis 2001 Pierre Levy intervient comme formateur à l’école d’architecture de Lyon et a écrit un livre « Rénovation écologique » chez terre vivante , qui nous montre qu’une rénovation au label BBC rénovation c’est possible.


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Comment se passe l’audit thermique chez ACR ?

Nous suivons strictement le cahier des charges Ademe qui impose 3 scénarios : le réglementaire, le BBC et le passif.

Mais nous restreignons les scénarios car les copropriétaires sont déboussolés par des pistes trop diverses et les pistes les plus coûteuses font peur.

Notre plus c’est notre polyvalence :

  • Le cabinet d’architecte
  • Notre habilité à identifier les pathologies d’un bâtiment (ses faiblesses structurelles)
  • Notre connaissance sociologique : nous travaillons avec des services d’accompagnement social.
  • L’assistance juridique : nous travaillons avec un cabinet spécialisés dans l’accompagnement juridique, gestion des subventions etc.

Il y a beaucoup de propriétaires qui sont mal logés et qui ont besoin d’accompagnement.

La restitution :

Elle doit être la plus simple possible. Nous nous exprimons en euros et non en KWh

Par contre nous raisonnons en coût global c’est-à-dire coût d’installation et coût d’exploitation sur 20 ou 30 ans.

Intégrer à la fois le coût des travaux et celui de fonctionnement (d’exploitation) permet de comparer les scénarios les plus porteurs. C’est à notre sens plus logique.

Nous avons eut beaucoup de difficultés à chaque dossier.

On s’aperçoit que les subventions sont décisives dans le fait de réaliser ou non les travaux.

La copropriété : une petite démocratie !

Habituellement la copropriété se divise en 3 camps :

  • 33% qui suivent le conseil syndical
  • 33% de jeunes qui ont peu de moyens même s’ils ont la volonté
  • 33% de personnes âgés qui ne sont pas intéressés par des temps de retour aussi longs.

Il faut piocher parmi ces trois tiers pour arriver à faire passer le projet.

On se confronte à la vie, la copropriété c’est une petite démocratie et il faut faire voter un projet à la majorité de vigueur.

Rien avoir avec les bailleurs sociaux où le décideur est un professionnel qui a une plus grande autonomie de décision et une très bonne expertise technique et économique.

Il nous faut donc expliquer et expliquer encore et encore, être très pédagogue.

C’est d’autant plus important que l’état arrêtera un jour de subventionner les études  thermiques. Il nous faudra donc convaincre sans cela.

Les fenêtres privatives : un frein à l’efficacité

Les fenêtres pose un vrai problème. Elles sont la propriété des copropriétaires, souvent, un certain nombre d’entre elles ont été changées, assez fréquemment de l’ordre de 20 à 30 %. Il est difficile de conserver ces nouvelles fenêtres et de réaliser une bonne isolation par l’extérieur, avec des retours sur les cotés (jambages de fenêtre) et en haut (linteau de fenêtre).

Elles ont parfois été posées sans entrée d’air.

Nous travaillons sur des alternatives pour contourner ce point de blocage : double fenêtre, fenêtres aléatoires, isolant mince.

Comment voyez-vous le marché ?

Il me semble que ce n’est pas le rôle à l’impôt [reversé au travers de subventions] de payer les travaux. Un mécanisme de bonus malus me semble plus approprié car le malus acquitté par les uns paye le bonus reçu par les autres. Ce système me semble plus simple économiquement et moins coûteux pour les finances de l’état. La taxe carbone est une forme de bonus-malus (celui qui consomme paie, l’état peut redistribuer à ceux qui investisse dans les économies d’énergie).

En ce qui concerne les intervenants je pense que les syndics ne sont pas encore suffisamment moteurs . Néanmoins, certain syndic innovent et font évoluer leur métier vers un conseil de valorisation du patrimoine.

Depuis 4, 5 ans nous constatons une vraie demande sur le HQE. Elle se tasse un petit peu car il ya eut un effet de mode mais nous ne doutons pas que c’est une tendance de fond.

Quelles sont les évolutions que vous pressentez dans l’habitat ?

J’ai personnellement beaucoup travaillé sur l’habitat groupé.

L’habita groupé permet de partager certaines pièces comme la buanderie, une salle de jeu, un ou plusieurs chambres d’amis. Cela permet de réduire la surface et donc le prix du logement.

Les habitants propriétaires ainsi associés sont éligibles aux mêmes aides que celles du logement social.

Nous avons fondé une association sur ce sujet, groupe-a-part.com qui fait la promotion de l’habitat groupé.

Nous avons réussi un premier projet en cours de livraison :

Lien vers le Village Vertical
Lien vers le Village Vertical

Il contient une dizaine d’appartements en habitat groupé au sein d’un immeuble d’habitations.

[Ne précisons ici à nos lecteurs que c’est une démarche extrêmement rare très novatrice qui fera figure d’exemple dans les années à venir.]

Et pour terminer notre habituelle question

Comment choisir son BET ?

Je pense que tout d’abord il faut limiter la consultation à trois bureaux, au-delà c’est une perte de temps pour les prestataires et les réponses risquent d’être bâclées.

Il faut prendre le temps de rencontrer les gens et enfin choisir un bureau capable ensuite de mener les travaux, pour qu’il ait l’expérience de ces derniers et pour éviter de perdre du temps dans une nouvelle consultation.

Nous remercions Pierre Levy et si vous souhaitez le contacter, rendez vous sur son site http://www.acr.fr/contact-acr.html ou écrivez à contact arobas acr.fr

Note déontologique

– Cet article fait partie d’une série d’interview de professionnels du bâtiments et d’énergies renouvelables.
– Le point de vue présenté ne reflète pas forcément celui de la rédaction de VertDurable.
– La présentation de la société n’a fait l’objet d’aucune rémunération.
– Les liens vers les sites des professionnels ne sont pas rémunérés ou payants.
– Nous réalisons le choix des photos.
– Si vous êtes un professionnel de la rénovation « durable » et « nouvelles » énergies votre témoignage nous intéresse, contactez nous.

 

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